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Séminaire et soutenance de thèse

Séminaire Dr. Hugues Renault et soutenance de thèse Florent Cornet, jeudi 1er juin 2023

> Dr Hugues Renault, IBMP, Strasbourg, Séminaire en anglais, 10h00
Un aperçu de l'adaptation des plantes à la terre à travers le prisme des biopolymères
Lors du passage de l'eau à la terre il y a un demi-milliard d'années, les plantes pionnières ont été exposées aux conditions terrestres difficiles. La capacité à construire des barrières protectrices extracellulaires a très probablement été une adaptation essentielle des plantes terrestres, car elles ont protégé les cellules des agressions environnementales et ont permis la formation de structures spécialisées nécessaires à la gestion de l'eau (par exemple, la cuticule). Chez les plantes vasculaires (les trachéophytes), ces barrières sont essentiellement constituées de quatre biopolymères hydrophobes - la cutine, la subérine, la sporopollénine et la lignine - qui renforcent et imperméabilisent la paroi cellulaire. Chez les angiospermes, la compréhension des déterminants génétiques, biochimiques et cellulaires de la formation de la barrière apoplastique liée aux biopolymères a fait d'énormes progrès au cours de la dernière décennie. Cependant, les mécanismes évolutifs qui ont conduit à l'émergence des biopolymères des plantes terrestres sont encore inconnus. Pour combler cette lacune, nous avons mis en place une recherche multidisciplinaire sur les bryophytes, un groupe de plantes terrestres non vasculaires qui ne semblent synthétiser que deux biopolymères - la cutine et la sporopollénine. La présentation illustrera la puissance de notre approche pour élucider l'origine et les premières fonctions des biopolymères dans le contexte de l'adaptation des plantes au milieu terrestre.

Invité par Catherine Rameau, contact pour y assister


> Florent Cornet, équipe SAS, soutenance de thèse, 13h30
Identification et caractérisation des cytochromes P450 impliqués dans la diversification de structure des strigolactones
Les strigolactones (SL) sont des hormones végétales réprimant la ramification de la plante. Elles sont aussi connues pour leur activité dans la rhizosphère, notamment pour stimuler la symbiose avec les champignons endomycorhiziens. Plus d’une trentaine de SL naturelles aux structures très diverses ont été caractérisées. Synthétisées en cocktail, elles sont souvent spécifiques de familles végétales. Elles se caractérisent par la présence d’un cycle buténolide, « cycle D », lié par une liaison énol-éther à un second fragment variable. On classe les SL dans deux groupes en fonction de cette partie variable. les SL canoniques constituées d’un tricycle ABC et les SL dites non canoniques qui se différencient par l’absence du tricycle ABC. À partir de trans-ß-carotènes, les premières étapes de la voie de biosynthèse sont communes à toutes les plantes et constituent le "CORE PATHWAY". La suite de la voie de biosynthèse semble au contraire très variable entre les espèces. Ces différentes voies aboutissant à la production de SL différentes, impliquent des enzymes souvent encore inconnues. De plus, les connaissances actuelles sur les voies de biosynthèse ne permettent pas d’expliquer toute la diversité structurale des SL. Comment les plantes peuvent-elles produire une telle diversité de structure chez les SL ?
Quelles sont les enzymes responsables de cette diversification ?
Au cours de mon projet de thèse, j’ai cherché à mieux connaître les bases génétiques responsables de cette diversité de structures des SL. Pour cela j’ai utilisé des résultats de transcriptomique pour identifier des gènes candidats réprimés par un traitement SL. J’ai testé et invalidé l’hypothèse de l’implication dans la voie de biosynthèse des SL du CYP450, KLUH. Cette étude a permis de mettre en évidence l’impact des SL sur la modulation du plastochron via la régulation transcriptionnelle de KLUH chez Arabidopsis. La deuxième partie de ma thèse se concentre sur les deux homologues de MAX1 chez le pois et leur caractérisation dans la voie de biosynthèse des SL chez cette espèce. Pour cela, j’ai effectués des tests enzymatiques in vitro et des quantifications de SL in planta pour étudier les fonctions biochimiques et biologiques des PsMAX1. De manière inattendue, nos mutants simples et doubles ne présentent pas de phénotype d’hyper-ramification caractéristique des mutants SL. Cependant, ces Psmax1s sont déficients en SL canoniques présentent chez le pois, SL qui seraient impliquées préférentiellement ou spécifiquement dans la signalisation rhizosphérique. Nos résultats suggèrent ainsi que le signal inhibiteur de ramification n'est pas l'une des SL canoniques décrites jusqu'à présent chez le pois mais que le véritable signal inhibiteur de ramification reste à découvrir.





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